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état d’urgence, urgence de L’État, résister à l’urgence

état d’urgence, urgence de L’État, résister à l’urgence.

S’il nous faut questionner l’ordre des discours et peut-être plus particulièrement le religieux, il nous faut aussi très rapidement l’articuler à des interrogations plus globales qui déboucheront alors inévitablement sur l’analyse du discours de l’Ordre Étatique asséné actuellement, et qui accompagne si merveilleusement le capitalisme dans son orientation actuel.

Mais doit-on se demander qui soutient l’autre ? Dans cet enchevêtrement fort complexe, l’effet de sidération et le souhait de mise à distance donne libre cours à toutes les interprétations réductrices de se déployer. Sur ou sous-évaluations des faits religieux/idéologiques ou de la place des individus et groupes, mais aussi à un déterminisme économique vulgaire de s’immiscer dans les analyses géo-stratégiques.

La spectacularisation et la violence des flux informationnels ne donnent le plus souvent que des clés interprétatives voilées par la dilatation du temps médiatique. La camera oscura idéologique s’occupe de parachever les déformations et l’injonction à la dépêche-prise-de-position-politique s’avère alors un vrai désastre.

Le recul seul et la prise de distance (non le relativisme) nous permettra de délimiter les justes interrogations et de possibles actions.

L’entreprise de terreur est à son comble quand, dans une société atomisée, l’entreprise État s’occupe de reprendre à son compte l’unification de la fragmentation sous ses couleurs et les mots de son Ordre.*

Peu importe si cet Ordre fut un temps plus "progressiste"? (1) à un moment donné de l’Histoire, ce cauchemar. Nous ne pouvons pas nier le problème que pose la manière dont les populations s’en emparent, même s’il parait en surface caricaturalement “humaniste” et “libéral”, (au niveau sociétal) la rhétorique guerrière sous-jacente n’annonce qu’une mobilisation sous le drapeau de la pacification sociale. (2)

Mais la rhétorique à toujours un prix dont on nous indique le montant depuis quelque jours. Celui-ci se chargera de mettre les dispositifs à leurs justes et nouvelles places.

Le à-qui-profite-le-crime ? est une interrogation trop convenue dans cette crise de la modernité politique ou celle de la démocratie représentative. L’opportunisme politique et les lois propres du pouvoir et de sa conservation ne peuvent faire l’économie de la re-configuration du projet total marchand dont les données fondamentales sont posées historiquement. On se gardera aussi de la tentation historiciste qui n’est pas plus une réponse adéquate, car on a toujours tendance à croire que l’époque est toujours charnière de quelque chose....Mais de quoi exactement ? Peut-être que les événements actuels indiquent vaguement que démocratie et marché ne sont peut-être pas si indissociables ? Il reste à savoir de quel type de marché ! De dupe c’est certain puisqu’on nous invite à négocier celui de la “liberté”, de qui de quoi, laquelle ? sous le soleil sécuritaire.

L’instrumentalisation (attentiste) d’un “ennemi principal” (vielle technique toujours efficace) est un levier de mobilisation cohésion/contrôle des sociétés face au nouvel espace monde. Il ne s’agit pas ici de nier les conséquences tragiques au niveau individuel ou collectif, mais d’éviter que l’on nous raconte des sornettes politiques, pour combattre à terme le pathos susceptible d’être manipulé par les politiciens et les militants, dont la rhétorique creuse de pseudo-mobilisation volontariste ne s’appuie actuellement sur aucune lutte et réflexion collective. Tout au plus sur une certaine volonté de puissance contrariée, véritable carburant pour l’analyse de type paranoïaque et ses dérives.

Les événements qui viennent de se passer sont peut-être aussi une invitation à nous interroger sur les débats et pratiques qui n’échappent toujours pas à des formes d’orthopraxies politiques et qui ont toujours glissées vers des formes de moralismes et d’élitismes contre la gnose des textes sacrés marxistes ou anarchistes / libertaires déconnectés de la vie des prolétaires et dont les “intérêts”, souhaits et envies seraient toujours mieux compris que par eux-mêmes.

Ainsi si l’on se doit de résister à la bêtise et à l’urgence, doit-on par exemple se désespérer pour autant de la fameuse déshérence idéologique et se culpabiliser du soi-disant “vide” que les militants de la “bonne parole émancipatrice” se doivent ou se devraient de propager dans les "quartiers populaires" qui seraient, par défaut de leur “présence” militante, devenus des nids d’islamistes ou d’arrivistes concentrés ! Optique typique de l’avant-gardisme et du mépris de classe. (3)

Par-delà les postures et les mots, les belles idées étalées, les convocations systématiques et épuisantes, nous ne démordons pas du fait que : Les individus ne constituent une classe que pour autant qu’ils ont à soutenir une lutte commune contre une autre classe.

Et c’est bien la porte d’entrée de cette absence de conflictualité de masse et de classe que le pouvoir d’Etat et le capital utilisent pour y substituer la désignation de ce nouveau vieil “ennemi”, cet ersatz de “lutte” CONTRE : Le “terrorisme” cette religion des cons illuminés comme forme achevée de pratique anti-prolétarienne, qui participera incontestablement de la vague des replis identitaires et aux discours de se mettre sous la bannière de la “civilisation” ou de la fausse “tolérance” véritablement répressive, là ou ils devraient se mettre sous celui du combat de classe auto-organisé et universel.


Au delà de cela les prolétaires ne feront que s’affronter dans la concurrence et la peur.

Notes

* Voir l’invitation à "pavoiser" de F.Hollande.(1) Comme on tente de nous le vendre en faisant des références à l’"héritage" de 1789.

(2) Cela a d’ailleurs toujours été l’objet de la Nation réconciliée...avec le capital sa bourgeoisie et ses administrateurs.

(3) Il va sans dire que nous devons plus que jamais affirmer une critique sans concession de la religion mais aussi de l’esprit religieux.

SOURCE
VOSSTANIE.ORG


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